Vous les soeurs vous passez votre temps à prier!

Nous entendons souvent cette phrase, et aimerions parfois qu'elle soit vraie, tout en reconnaissant qu'elle est bien fausse!

D'abord parce que, même si 7 offices ponctuent notre journée, nous travaillons aussi!

Ensuite parce que l'appel à prier sans cesse, qui nous interpelle comme tout Chrétien, est une invitation si large à unifier notre journée (travail, liturgie, vie fraternelle... même sommeil) qu'il nous faut reconnaître que nous sommes loin d'avoir parcouru le chemin!

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La liturgie des heures

" Vivez dans la prière et les supplications ; priez en tout temps, dans l'Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints." (Éphésiens 6.18)
" Restez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toute condition soyez dans l'action de grâces. C'est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus."(1 Thessaloniciens 5.16-18)

La tâche de la prière continue et de la prière commune incombe à tous les chrétiens, c'est la "propriété " de tout le peuple de Dieu et pas seulement des moines ou des consacrés !

La liturgie des heures est une action liturgique, au même titre que la célébration de l’eucharistie et des autres sacrements.
Il y a un double mouvement dans la liturgie: celui qui va de l'homme vers Dieu (l'ouverture de Vêpres le chante ainsi: que notre prière devant toi s'élève comme l'encens) et celui, toujours premier, qui va de Dieu vers l'homme. La liturgie est un lieu où Dieu nous initie à sa présence et nous apprend l'écoute.

La liturgie des heures est une prière structurée qui existe avant de devenir la prière de chacun. Nous la recevons d’une Église, nous n’avons pas à l’inventer! Celui qui prie avec la Prière de l’Église accepte de se dessaisir un peu de lui-même : il n’a pas choisi l’hymne, un psaume de joie lui est proposé alors qu’il est dans la peine (ou l'inverse)... En ce sens, la liturgie est une école de prière.

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Au cœur de la liturgie chrétienne se trouve la PAROLE DE DIEU.

Après le temps d’accueil et de rassemblement, en toute célébration liturgique, il y a l'écoute d'une ou plusieurs lectures bibliques.

Les psaumes y ont un statut privilégié du psaume, car, issus de la Bible, ils sont Parole de Dieu à son peuple, mais dans la célébration ils deviennent aussi Parole du peuple qui répond à Dieu.

La prière de l’Église n’est pas un monologue ; elle est la continuelle réponse offerte à Dieu au nom de l’humanité, reprenant les mots mêmes qu’il nous a adressés.

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Un peu d'histoire

"Écoute, Israël" (Dt 6, 4).

Quotidiennement, seul, avec d'autres ou à la synagogue, le Juif pieux récitait le Qaddish, dont Jésus s'est inspiré dans la première partie du Notre Père. Trois fois par jour, les juifs priaient avec le Shema Israël (Écoute Israël). Le premier document chrétien non biblique, la Didachè (datant de la fin du 1er siècle), demandait aux chrétiens de prier ainsi avec le Notre Père. La prière de la première communauté chrétienne de Jérusalem s'enracine dans la pratique juive, tout en inaugurant une prière et une liturgie propres aux chrétiens.
Même en milieu d'origine païenne, les psaumes demeurent la base de la prière. À côté d'eux, naît un répertoire d'hymnes et de chants inspirés spécifiquement chrétiens. Les lettres de saint Paul nous en livrent d'ailleurs des exemples. À plusieurs reprises, elles citent des hymnes tirées des pratiques liturgiques en vigueur à Éphèse, à Colosses ou à Philippes :

"Un seul Seigneur" (Ep 4, 5-6). "Éveille-toi, ô toi qui dors " (Ep 5, 14).
"Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père " (Ph 2,6-11 ). "Souviens-toi de Jésus Christ" (2 Tm 2,8).

Dès le IIe siècle, la prière quotidienne du matin et du soir, se serait implantée dans les communautés.
La pratique des vêpres, d'abord célébrées à Pâques, s'étend bientôt aux anniversaires des martyrs. Le rite juif de l'allumage de la lampe à la tombée de la nuit est christianisé. Il devient l'intime et paisible prière du lucernaire, nom donné à l'office du soir, d'où naîtront nos complies, avec, dès le IIe siècle, ce chef-d'œuvre absolu de l'hymne "Joyeuse lumière", que nous chantons aux vêpres du dimanche notamment.

Deux traditions se croisent au début du christianisme, au sujet de l’organisation des Heures de l’Office. Les premiers lieux qui nous signalent cette prière des Heures apparaissent chez les moines du désert et aussi dans les monastères. Existaient également des rassemblements dans les cathédrales, puis les églises paroissiales. Une différence assez importante se manifeste: alors que les moines prient toutes les trois heures, les autres chrétiens, surtout les prêtres attachés aux églises, ne se retrouvent que le matin et le soir.
L’interaction et la fusion de ces deux traditions aboutit au IVe siècle à la structure de l’Office divin qui restera la même jusqu’en 1970, date du nouveau rituel.

La signification des heures

La liturgie des Heures, comme son nom l’indique, se déroule au long du jour. Son but est de louer et invoquer Celui qui a envoyé son Fils dans notre monde qui passe pour le sauver et le consacrer.

L'office de la nuit: les Vigiles

Cet office, organisé en deux vigiles la semaines, et trois les dimanches et jours de fêtes et solennités, est peut-être plus que tout autre construit autour de la parole de Dieu: à l'alternance des psaumes répondent des lectures.
Les Lectures de cet Office sont assez longues, contrairement aux autres Offices consacrés plus spécialement à la louange.
Les Répons, empruntés soit au texte même, soit à des parallèles, que nous chantons les dimanches, jours de fête et de solennité, jouent un rôle important pour l’assimilation de la Parole biblique et pour orienter vers sa lecture chrétienne.
La Deuxième Lecture présente un texte des Pères de l’Église, d'auteurs plus contemporains ou, les jours de mémoire, des extraits des œuvres significatives de la spiritualité du saint que l’on célèbre.
Les dimanches et fêtes, un cantique est chanté et l’Évangile du jour proclamé.

L’Office du Matin
Comme l’indique l’appellation traditionnelle de “Laudes”, l’Office du Matin est caractérisé par la louange: pour la création, pour l’histoire sainte du Salut, pour les mystères du Seigneur.
À la foi chrétienne, l’aube rappelle l’heure de la résurrection.
Une autre orientation de la Liturgie du matin consiste à "prévoir" le jour qui arrive. Lectures et prières prévoient la journée avec son cortège de travail, de rencontres, d’épreuves et de joies, en invitant à y vivre la foi au Ressuscité.

Les "petites heures"

Tertullien de Carthage précise que l'on doit prier : à la troisième heure (9h), parce que c'est l'heure où l'Esprit Saint descendit sur les Apôtres à la Pentecôte; à la sixième heure (12h), car c'est celle de la crucifixion; et à la neuvième (15h), qui est celle de la mort du Christ.

Ces Heures sont brèves. Les hymnes et les oraisons sont en fonction de l’heure qu’il est : matinée, midi ou après-midi. Ainsi elles se rapportent à l’Esprit Saint, pour Tierce, à la Passion et au combat pascal pour Sexte, et à la mort de Jésus et la nôtre, pour None.Ces Heures sont brèves. Les hymnes et les oraisons sont en fonction de l’heure qu’il est : matinée, midi ou après-midi. Ainsi elles se rapportent à l’Esprit Saint, pour Tierce, à la Passion et au combat pascal pour Sexte, et à la mort de Jésus et la nôtre, pour None.

Aujourd'hui encore, nos offices de tierce, sexte et none, correspondent (grosso modo) à ces heures.

L'office du Soir

L’Office du Soir chante le Mémorial de la nouvelle Alliance. L'action de grâces est une de ses caractéristiques essentielles. Au sommet de cette Heure, faisant suite au Cantique du Nouveau Testament, et à la lecture (qui est toujours tirée du Nouveau Testament), vient le cantique évangélique de Marie (le Magnificat), figure de l’Église de tous les temps, pour «les merveilles que le Seigneur a faites.»
Une autre caractéristique de l’Office du Soir est l’espérance de la gloire, la fin au-delà des temps, l’attente de la manifestation du Seigneur en gloire entraînant toute l’humanité avec Lui. Cette espérance est présente à tous les offices du Soir.

Complies

Cette fois, la journée est presque finie mais avant de retrouver le repos de la nuit, nous prions encore pour la journée écoulée, pour la nuit qui se prépare, évocation de la mort. Le rite est bref : une hymne, trois psaumes, une lecture brève avec son répons reprenant la dernière parole de Jésus sur la croix, le cantique de Syméon, une oraison, la bénédiction et le Salve Regina grégorien.