Une foi ancrée dans la charité

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L’acte de foi est autre chose que l’acceptation ferme d’idées reçues et de la mentalité d’un milieu de vie. La foi, comme acte est une démarche, comme vertu un habitus dynamique, un mouvement vers le Christ que sans cesse il faut maintenir et renforcer. Loin d’être un repos dans la vérité acquise, la foi est une conquête perpétuelle. On ne croit pas une fois pour toutes, puisque croire, c’est aller au Christ et que, jusqu’à la mort, nous ne serons jamais totalement près de lui. C’est aussi pourquoi, sur terre, on n’aime pas une fois pour toutes, parce qu’il faut encore croire, encore aller à celui qu’on aime. Nous devons aimer toujours à neuf pour toujours aimer, et nous devons à chaque instant croire avec la fraîcheur originelle et avec élan.

Il peut arriver qu’un homme admette l’existence de Dieu et du Christ, pour lesquels, peut-être, il n’a que de la haine. La foi n’est pas d’ordre purement intellectuel, elle est d’ordre moral surnaturel. Étant un mouvement vers le Dieu qui nous sauve, elle suppose le désir du salut, un début d’humilité, une amorce de charité envers Dieu et son Christ. Même à égalité d’instruction religieuse, les hommes peuvent se diviser en face du Christ, l’accepter ou le refuser. L’évangile de saint Jean qui souligne le caractère personnel de la foi, est aussi celui qui insiste le plus sur les dispositions nécessaires. Il faut être fils de lumière pour aller à la lumière, appartenir de quelque manière au Royaume de Dieu pour y entrer : "Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu ; si vous ne les écoutez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu".
Si, pour parvenir à la foi, un début d’amour est nécessaire, pour s’y maintenir, s’y consolider, il n’est pas d’aussi sûr moyen que d’aimer. L’amour est de toutes, la meilleure disposition pour croire. La foi comporte un mouvement vers Dieu de tout ce qui en nous n’est pas encore fixé en Dieu ; elle provoque une adhésion, et pour la fortifier, la rendre inébranlable, seul est vraiment efficace ce poids de charité qui tire vers Dieu, fixe en Dieu et fait vivre de Dieu. Le chrétien, en tant que terrestre, est encore en mouvement ; mais il est ancré dans les profondeurs éternelles par l’élément d’éternité, la charité, qui est en lui. Ce par quoi l’homme est déjà dans le royaume, maintient ouverte la porte de la foi par laquelle l’homme continue d’entrer. Jusqu’au jour où la porte ouverte sera inutile, quand la charité sera totale, quand le chrétien habitera tout entier dans la maison.
Aussi l’Église ne peut-elle pas compter sur la foi de chrétiens qui habituellement vivent hors de la charité, dans le péché. Dans un monde où la foi est contrebattue par tout le milieu de vie, ne persévérera dans la foi que celui dont la foi est ancrée dans la charité.

 F.X. DURWELL, Dans le Christ rédempteur, 115-117.

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