L'église

L'église - d'un village, d'un monastère... - est avant tout un lieu qui se visite, au sens plein du mot: c'est un lieu de rencontre, évidemment pour nous de rencontre avec Dieu. C'est un lieu vital, de respiration, que nous habitons au minimum sept fois par 24h, de jour comme de nuit, pour les offices et dans lequel chacune est libre de retourner dans la journée pour prendre un temps de prière personnel.

Si la journée monastique peut paraître morcelée, elle est sans cesse un retour à la prière, notamment à la prière de toute la communauté à l'église. C'est pour cette raison que des travaux importants ont été menés, de 2014 à 2016 pour en permettre une restauration complète. Une nouvelle dédicace de l'église et de l'autel a eu lieu le 7 mai 2016. Mais ce n'était pas la première des transformations. Nos soeurs anciennes peuvent ainsi témoigner de celles qu'elles ont connues, notamment à la suite du concile Vatican II. Outre les modifications de l'autel pour permettre la célébration de l'eucharistie face à l'assemblée, d'autres importants changements avaient eu lieu, notamment la disparition des grandes grilles qui empêchaient les hôtes de voir la communauté (et réciproquement!).

 

La forme de l'église, elle, n'a pas changé. C'est un vaisseau étroit et long en raison de la masse d'argile en sous-sol. Au XIXe siècle, lors de la construction, les moines voulaient l'orienter différemment, mais la voûte s'était effondrée, conduisant à changer l'orientation de l'église et à diminuer sa largeur.

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Pour ceux qui ne pourraient venir franchir les portes de l'église rénovée nous vous en proposons une visite virtuelle.

La rénovation de l’église nous a permis d'améliorer la répartition de la place réservée aux célébrants, aux moniales et aux fidèles. L’ancien espace de la porterie (qui était surmonté par une tribune) a fait place à un vaste narthex qui permet d’entrer progressivement dans l'église. C'est un lieu d'accueil ; c'est pourquoi trône en plein milieu la cuve baptismale qui contient l'eau bénite avec laquelle les fidèles se signent en entrant dans l'église. Lorsque les portes intérieures de l'église sont ouvertes (comme pour la célébration eucharistique du dimanche ou des fêtes par exemple), cette cuve de pierre se situe sur le même axe que l'ambon et l'autel. Ce choix n'est pas neutre: il marque la continuité qu'il y a du baptême à l'eucharistie, dans l'écoute de la Parole de Dieu dans nos vies.

 

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L'espace habituel de célébration commence par les bancs sur lesquels prennent place les hôtes: habitués, retraitants, touristes, hôtes de passage...

Se trouvent ensuite deux rangées de stalles, face à face, pour que les deux choeurs de moniales se répondent dans la psalmodie. En effet, la disposition en choeurs facilite l'alternance du chant. Là encore, cette organisation traditionnelle pour un monastère répond à un sens plus profond: cela met le dialogue au coeur de notre vie. Or, plus largement, c'est toute sa vie que le Chrétien est appelée à mettre en dialogue, avec les autres et avec Dieu. C'est cela déjà que l'alternance dans les chants et le fait de se répondre signifient. L'architecture est mise au service de cette dimension spirituelle.

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L'ambon (le pupitre où est proclamée la Parole de Dieu) est - comme la croix et le tabernacle - en bronze doré monté sur des supports en acier. La forme de l'ambon reprend celle des bras du Christ en gloire sur la croix. La Parole qui est proclamée trouve ainsi une traduction dans le métal: elle est parole de Résurrection.

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Dans le prolongement de l'ambon, en plein centre du choeur de l'église, se trouve l'autel, en pierre du Bois des Lens. Sa forme est aussi signifiante: il reprend évidemment le symbole de la table, mais aussi celle du tombeau ouvert et, enfin, il épouse à son tour la forme des bras du Christ en gloire.

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Dans l'angle gauche, à côté de l'entrée de la chapelle des malades, se trouve le tabernacle. Brille, en suspension à ses côtés, une lampe à huile, en bronze doré également, qui témoigne de la présence du Corps du Christ. Sur la face du tabernacle est représenté le buisson ardent : l'éclairage - par la lampe à huile et un projecteur - permet aux flammes du buisson de briller différemment suivant les heures du jour, ou l'emplacement du spectateur. Le choix de ce symbole pour le tabernacle n'est pas neutre: il témoigne du mystère que représente pour nous ce Dieu qui se révèle, par l'Esprit, dans son Fils, crucifié et ressuscité. Il témoigne aussi du désir de contemplation du visage de Dieu, au coeur de la vie du moine.

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Et, si vous ne l'avez fait en entrant, il est temps de lever alors les yeux pour percevoir les différents vitraux. Nous les avions voulus sobres, comme le reste de l'église, dans la tradition cistercienne d'un grand dépouillement décoratif. Mais ils se révèlent à l'hôte attentif plus riches que le premier regard ne le laisse croire. Dans le nartex et le choeur, ils sont blancs et bleus, dans le reste de l'église, ils semblent n'être que transparents ou en verre blanc. Mais, au fil de la journée, ils éclairent l'église de lumières roses et oranges dont l'observateur peine à trouver la source: tout est dans le secret du verre soufflé!

 

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