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L'Epiphanie méditée par les Pères cisterciens

Une méditation de l'Epiphanie par Saint Bernard de Clairvaux

La solennité de ce jour tient son nom d’une manifestation. Car Epiphanie veut dire manifestation. Aujourd’hui donc on célèbre la manifestation du Seigneur ; et cette manifestation n’est pas unique, mais triple, comme nous l’avons reçu de la tradition de nos pères.
Aujourd’hui, un tout petit enfant, notre Roi, peu de jours après sa naissance, s’est manifesté aux prémices des nations païennes sur l’indication d’une étoile.
Aujourd’hui aussi, après avoir déjà parcouru environ «trente années » de sa vie dans la chair — alors que selon sa divinité, «il demeure toujours le même et ses années ne passent pas » —, «il vint au Jourdain», caché «parmi la foule du peuple, pour être baptisé» ; mais le témoignage de Dieu le Père l’a désigné.
Aujourd’hui encore, «invité à des noces avec ses disciples », «comme le vin manquait », «il changea l’eau en vin » par un signe merveilleux de sa puissance ».

St Bernard, Sermon pour l'Epiphanie (III)

 
UNE MÉDITATION DE L'EPIPHANIE PAR Guerric d'Igny

C’est une seconde nativité que nous célébrons aujourd’hui, mes frères. Elle semble née de la première comme l’effet vient de la cause. Car la nativité que nous avons fêtée jusqu’à ce jour, c’est celle du Christ ; mais aujourd’hui, c’est notre propre naissance que nous célébrons. Dans la première en effet, c’est le Christ qui est né ; dans celle-ci, c’est le peuple chrétien. Trois choses en effet nous constituent chrétiens : la foi, le baptême et la participation à l’autel ; or, ce jour que nous célébrons a inauguré la foi, sanctifié le baptême et préfiguré les miracles de la table céleste. Certes, comment la première illumination des gentils a inauguré notre foi, comment le Christ baptisé a sanctifié notre baptême, comment le changement de l’eau en vin a préfiguré le changement des réalités au banquet du Seigneur, il n’est plus nécessaire de vous l’apprendre. Par contre, je crois qu’il est nécessaire de nous mettre en garde pour que la foi, en nous, ne dégénère pas de ses prémices, pour que la grâce de notre baptême ne soit pas vaine, et que la participation au calice du Christ ne se tourne pas pour nous en condamnation.

Guerric d'Igny, Sermon pour l'Epiphanie (IV)