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Commencer la route...

Notre vie peut sembler inaccessible, au-dessus des forces ordinaires. Mais toutes, un jour, nous avons fait un premier pas... Aujourd'hui des jeunes osent encore frapper à la porte d'un monastère.
Une intime conviction, un appel pressant nous poussent à prendre le chemin du don. C’est la force confiante du commencement, le déroulement des diverses étapes qui nous enracinent peu à peu dans la communauté.

 

Chacune a son propre chemin et donc son propre commencement, avec, évidemment, une donnée commune : l’appel du Christ et le désir de Le suivre.

Cet appel est confirmé dans la vie, dans les relations, puis se concrétise par le choix d’une communauté qui fait suite souvent à cette sensation intime :

 C'est là!

   

Prendre le temps de la découverte

Prendre le temps de la découverte

Se sentir appelé(e) à la vie monastique réclame un sérieux discernement qui se fait normalement au cours d’une retraite.

Survient alors la rencontre d’une communauté, d’un lieu... on vient et l’on revient pour regarder, pour interroger : cela se passe d’abord à l’hôtellerie.

Les stages

Les stages

S’il y a attirance, on envisage un et plusieurs stages (de quelques semaines ou mois). Ces stages s'effectuent au sein de la clôture monastique : la stagiaire partage la vie des soeurs du noviciat.

Un travail de discernement se poursuit; un lien s’établit qui, dans le meilleur des cas, aboutit à l’entrée dans la communauté...

Le postulat

Le postulat

C'est la première étape du processus de formation initiale.

Il dure un an environ. On quitte son travail, ses occupations, ses proches pour rejoindre vraiment le monastère. Il s'agit d'entrer plus concrètement dans la vie communautaire au sein du noviciat, de participer à la vie de prière, aux temps d'enseignement, au travail.

Le noviciat

Le noviciat

A l'issue de l'année de postulat, celle qui est entrée peut être admise au noviciat, qui dure environ deux ans. Elle reçoit l'habit des novices (robe et scapulaire blanc, chape). Elle poursuit sa formation au sein du noviciat tout en participant à la lectio divina, la prière et le travail manuel.

La profession temporaire

La profession temporaire

A l'issue du noviciat, avec l'accord de l'abbesse et de son conseil, de premiers voeux peuvent être prononcés au chapitre devant la communauté. Ils sont temporaires (entre 3 et 6 ans). La jeune professe reçoit le scapulaire noir des professes et la ceinture de cuir.

Elle reste encore un ou deux ans au sein du noviciat avant de poursuivre sa formation en étant intégrée à la communauté. La formation monastique se poursuit, tout en favorisant l'intégration dans les charges de travail.

La profession solennelle

La profession solennelle

A l'issue des voeux temporaires, les voeux définitifs sont prononcés (de stabilité, de conversion de vie et d'obéissance) dans l'église, devant la communauté mais aussi la famille et les amis. La soeur reçoit le voile noir et la coule.

La route n'est pas achevée: elle s'ouvre réellement.

Par la profession des voeux solennels, la soeur se donne au Christ en esprit de foi et s'engage à vivre pour toujours dans sa communauté selon la Règle de saint Benoît. Constitutions de l'Ordre n° 56

 

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Témoignages...

Sœur Antoinette


Dans la vie fraternelle, j'ai connu une grande évolution en 75 ans de vie monastique! La parole est davantage permise; on s'explique directement. Les relations sont plus directes, plus franches. On se connaît mieux. Le fait de s'expliquer davantage permet de s'ajuster mieux. S'ajuster, ça le dit bien! ça dit bien toute la vie du moine.

Ici, à l'infirmerie, on vit davantage en petit comité. On a les mêmes problèmes. Là aussi, il faut savoir s'ajuster: on ne vit pas complètement l'office comme les autres, puisque l'on ne peut pas toujours aller à l'église. Il y a un effort d'ajustement à cette nouvelle étape de la vie.

S'ajuster, c'est toute la vie monastique. Les débuts de la vie monastique, c'est un ajustement continuel. Il faut des années pour être vraiment ajusté(e). Et même là, il faut encore recommencer.

Témoignage de S. Antoinette, décédée en 2020 à 101 ans !

Sœur Annabel

 S Annabel flûte

Si Obélix est tombé dans la marmite de potion magique, de mon côté, j’ai été baignée dans le bain de la foi depuis ma naissance.

Vers l’âge de 8 ans, j’ai été interpellée par la personne de Sainte Thérèse de Lisieux.

Puis, plus tard, des questions apparaissaient : Que vais-je faire de ma vie ?
Je suis passée à Echourgnac un week-end et j’ai eu comme un coup de foudre pour le lieu, la communauté et une forte intuition que ma place était là, a émergée. De retour en Normandie, les choses étaient moins évidentes. Pourquoi moi ? Est-ce que je peux physiquement faire face ? Me lever à 4h du matin ? Jusqu’au jour où j’ai eu un très grave accident qui m’a fait prendre conscience que la vie était un don de Dieu que je ne pouvais pas gâcher.
Le temps de formation a été pour moi un temps privilégié de dépouillement, de découverte de la vie monastique cistercienne et de moi-même et plus largement, de l’homme dans son humanité.
A chaque étape de formation (postulat, novice, jeune professe), j’avais l’impression de vivre comme un nouveau commencement mais finalement, c’est vraiment le jour de ma profession solennelle que j’ai vécu le réel commencement.

S. Annabel

Sœur Cécile-Marie

scecilemarie2020
C'est surtout dans le cadre du scoutisme que j'ai pu faire grandir mon amour pour le Christ et mon désir de le servir.
J'aime la vie passionnément, et je veux être heureuse. Quand j'ai rencontré la communauté pour la première fois, j'ai eu l'intuition que c'était là pour moi le chemin du bonheur : j'étais attirée par cette vie en commun, où l'on prie ensemble, on travaille ensemble, par ce côté « famille nombreuse » où chacune a sa place, avec toutes les richesses de sa personnalité propre. Ce qui est déroutant au début, c'est que tous les repères ordinaires d'une vie quotidienne sont bouleversés, il faut faire confiance à la sagesse de vie de la communauté, sans trop en voir les fruits dans un premier temps. Puis, peu à peu, on fait l'expérience que cet art de vivre bien particulier est un vrai chemin de paix intérieure, de réconciliation avec soi-même, avec les autres et avec Dieu.
Sœur Cécile-Marie

Sœur Claire-Marie

S.CLAIRE MARIEPâques 1943. J’aurai 8 ans dans trois mois. J’appartiens à une famille pratiquante traditionnelle, où "le Bon Dieu" tient à la fois de Zorro et du Père Fouettard. En ce triste jour, l’évidence s’impose : « Ces histoires de Dieu, c’est un truc de grandes personnes pour faire marcher les enfants ». Terminé, on ne m’aura plus. Je bâtis un mur, avec cependant une petite brèche : j’aimais bien l’histoire de Jésus ; ce serait tellement beau si c’était vrai. Quinze ans plus tard, j’ai l’occasion de prendre contact avec les Lettres de Saint-Paul. Nouvelle évidence : celui-là dit quelque chose et il sait de quoi il parle. Mon mur se lézarde ; ce serait tellement beau si c’était vrai. À nouveau l’évidence : je ne pourrai pas vivre avec cette question non résolue, quitte à y consacrer ma vie. Une brochure feuilletée, une erreur de train, pas mal de difficultés… Ma vie est sur Sa route ; c’est beau.     

Sœur Claire-Marie

nuage de mots communauté

Une méditation du Frère Rafael sur la vocation

1er novembre 37.
Au Frère Tescelino (Avant sa 4ème entrée)

Imagine-toi que tu es chez toi malade, comblé de soins et d’attentions, presque impotent, inutile, incapable de te débrouiller tout seul. Mais un jour tu vois Jésus qui passe par la fenêtre...
Si tu voyais que Jésus était suivi d’une foule de pécheurs, de pauvres, de malades, de lépreux...
Si tu voyais que Jésus t’appelle et te donne une place à sa suite et te regarde avec ses yeux divins qui dégagent amour, tendresse et pardon, en te disant: “Pourquoi ne me suis-tu pas ?“
Que ferais-tu ?
Lui répondrais-tu peut-être : “Seigneur, je te suivrais si Tu me donnais un infirmier, si tu me donnais des médecins pour te suivre avec confort et sans danger pour ma santé ; je te suivrais si j’étais en bonne santé et fort pour me débrouiller ?“...
Non. Si tu avais vu la douceur des yeux de Jésus, sûrement que tu n’aurais rien dit de tout cela, mais au contraire, tu te serais levé de ton lit sans plus penser à tes soins, sans plus penser à toi-même pour quoi que ce soit.
Tu te serais incorporé, même à la toute dernière place, à la suite de Jésus, et tu lui aurais dit : “Je viens, Seigneur ; peu m’importent mes douleurs, la mort, manger, dormir, si Tu m’accueilles ; je viens. Si Tu le veux, Tu peux me guérir.. ., peu m’importe que le chemin par où Tu me conduis soit abrupt, difficile et plein de ronces ; peu m’importe si Tu veux que je meure pour Toi sur la croix.
Je viens, Seigneur, parce que c’est Toi qui me guides ; c’est Toi qui me promets une récompense éternelle ; c’est Toi qui pardonnes, qui sauves ; c’est Toi le seul qui remplis mon âme...”
Loin de moi le souci de ce qui pourrait m’arriver à l’avenir; loin de moi les peurs humaines, car le guide, étant Jésus de Nazareth, que peut-on craindre?
Ne crois-tu pas, Frère, que tu l’aurais suivi, et rien de ce monde, ni même rien de toi-même, ne t’aurait importé ?
C’est justement ce qui m’arrive. Je sens au tréfonds de mon âme ce doux regard de Jésus ; je sens que rien dans ce monde ne peut me combler, que Dieu seul..., Dieu seul..., Dieu seul !...
Et Jésus me dit : «Tu peux venir quand tu veux ; peu importe que tu sois le dernier... T’aimerai-je moins pour cela ? Peut-être même davantage.”